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Bernard MARIS était un militant de l’ESS.

La douleur est aussi violente que les circonstances de sa disparition avec d’autres de ces collègues de Charlie Hebdo, assassinés lâchement par des fanatiques religieux qui ne supportent pas la liberté la plus élémentaire que nous sommes censés défendre ; celle de croire en ce que l’on veut ou ne pas croire et de l’exprimer comme on l’entend ?

Je regrette que le mot lâcheté soit si peu utilisé pour les qualifier, eux qui se drapent dans un courage qu’ils n’ont pas, car ils s’en prennent à des gens sans défense.

Texte de Bernard MARIS dans Charlie Hebdo du 22 Juin 2011 à propos des États généraux de l’ESS qui se tenaient à Paris, au palais Brogniart.

L’économie sociale et solidaire (ESS) produit de la richesse, mais ne cherche pas à
faire du profit. Elle est fondée sur la notion de « coopération », qui s’oppose évidemment au chacun pour soi et à la compétition. Elle vient de loin, du mouvement solidariste du milieu du 20ème siècle, quand les ouvriers tentèrent de s’associer pour travailler, produire, financer et consommer. D’où le grand secteur des assurances et des mutuelles, ainsi que des banques coopératives.

L’ESS repose sur le principe « un homme, une voix », comme la démocratie politique, alors que le capitalisme de la société anonyme repose sur le principe « un dollar, une voix ». Le marché est censitaire, l’ESS est démocratique.
On trouve dans l’économie sociale et solidaire tout le secteur associatif, infiniment riche en France. Celui-ci est-il productif ? Oui une « assoce » qui réinsère des taulards, produit de la tranquillité, du travail, du bien-vivre ensemble, choses qui ne sont pas comptabilisées par le marché. Certaines entreprises de l’ESS sont même très productives : Chèque Déjeuner, ou encore Alternatives économiques, le magazine économique. Il fait des bénéfices alors que la presse de marché fait souvent des pertes. Les Amap (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) produisent des légumes bio, sains, savoureux, pas plus chers que les autres, elles évitent de transporter des pommes saturées de phosphates par avion, et font travailler de vrais agriculteurs, pas des marchands de pesticides déguisés en agriculteurs. L’ESS essaie de résoudre la vieille contradiction du travail : peut-on être heureux en travaillant ? Elle répond oui, en se réappropriant le fruit de l’activité et en luttant contre l’aliénation. C’est un défi considérable. C’était le défi du socialisme utopique.
L’économie sociale et solidaire introduit la morale dans l’économie. On ne peut produire n’importe quoi, n’importe comment, en liquidant l’environnement et en maltraitant les humains, comme chez Orange, cette entreprise où les travailleurs sont traités comme des chiens, et où les consommateurs aussi sont traités comme des chiens, ou plutôt des vaches à traire. Le capitalisme est amoral. Il produit des bombes à billes ou des vaccins selon le marché. L’ESS est morale.

L’économie sociale et solidaire a un immense défi à relever : celui de l’innovation.
Peut-on être innovateur, entrepreneur, inventeur, et participer de l’ESS ? La réponse est oui. Incroyable est l’imagination des acteurs de l’ESS. Ils ont des milliers de solutions pour les problèmes sociaux. Le succès les motive plus que l’argent. Ils sont heureux de produire : le logiciel libre, où chacun est heureux de participer à un produit collectif, relève fondamentalement de l’ESS, alors que Hadopi relève du racket organisé par le ministère de la Culture au profit des majors du spectacle et des chanteurs obèses émigrés en Suisse. De toute façon, c’est l’ESS ou rien : ou la coopération des hommes pour produire et vivre ensemble, ou la guerre de tous contre tous et la mort à court terme. Le choix est clair.

Bernard Maris

Vous trouverez en pièce jointe trois textes qu’il avait consacré à l’économie sociale et solidaire et aux états généraux de l’ESS.

N’hésitez pas à transférer ce message à vos équipes et à faire circuler ces articles, de grande qualité.